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Faut-il en finir avec le «vieux socialisme» ? La gauche n’a-t-elle d’autre horizon qu’une nouvelle synthèse, «libérale-sociale», seule capable de faire face à la menace «nationale-populiste» ? Certes, il ne fait guère de doute que le socialisme est totalement périmé si on le réduit à ses slogans traditionnels : plein développement des forces productives; collectivisation générale des moyens de production, direction planifiée du système économique ; abolition du salariat, etc. Mais est-ce là «la délicate essence du socialisme», tel que le défendaient notamment Saint-Simon, Fourier, Pierre Leroux puis Benoît Malon, Jean Jaurès, Marcel Mauss ou Eugène Fournière ?
Cet ouvrage se propose de réactualiser cette tradition politique aujourd’hui oubliée et sa sensibilité si singulière. De rappeler toute la force de sa critique morale du capitalisme, si nécessaire aujourd’hui, son refus de réduire l’homme à un animal économique et l’économie au marché. Mais aussi de réhabiliter, contre le seul matérialisme issu de Marx, un certain «idéalisme historique». Plus encore, ce livre invite à redécouvrir combien la fascination pour l’Etat est étrangère à son inspiration la plus profonde. Economie solidaire, démocratie participative, ces expériences contemporaines sont à l’évidence les héritières de ce socialisme de l’association, résolument pluraliste et expérimental, pour qui la République s’identifiait ultimement à l’«autogouvernement des citoyens associés». Socialisme moral, socialisme associationniste, mais aussi socialisme individualiste. Car son idéal n’était pas «la pâtée servie à tous par la mère Collectivité», mais au contraire l’émancipation de l’individu par la coopération, la réciprocité et l’échange. D’où sa passion pour l’égalité qui ne saurait se limiter, comme aujourd’hui, à doter les individus d’armes et de chances égales dans la concurrence économique. Et son invitation à faire tout autrement République. |
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| La délicate essence du socialisme Philippe Chanial Collection Les voies du politique 22 € TTC |
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Prix : 24,20 € TTC
(port et emballage compris) |
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Philippe Chanial est maître de conférences en sociologie et directeur du CERSO (Université Paris-Dauphine). Secrétaire de la Revue du MAUSS, il a notamment publié, La société vue du don, La découverte, 2008 et Justice, don et association, La découverte, 2002. Il a par ailleurs édité et présenté les nouvelles publications de La morale sociale de Benoît Malon et de l’Essai sur l’individualisme d’Eugène Fournière dans la collection «Bibliothèque républicaine», Le Bord de l’Eau éditions, en 2007 et 2009.
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Entre réciprocité et échange Si le socialisme ne peut prétendre avoir le monopole de la gauche, un retour aux sources s'impose. Il fut, en termes de doctrine et de stratégie politique, l'oeuvre de Jaurès, pour l'essentiel. Lequel n'a eu de cesse de lutter contre les éléments les plus radicaux du groupe, à commencer par Jules Guesde, en le ratachant à l'idéal républicain et laïc. Le député de Carmaux a su pointer les effets pervers du capitalisme dans les pas de Saint-Simon, Fourier, Leroux ou Benoît Malon. La singularité de cette pensée si particulière réside dans son refus de réduire l'homme à un animal économique et de réhabiliter un certain"idéalisme historique". Au matérialisme marxiste, les socialistes opposent très tôt une vision résolument solidaire, fondée sur la démocratie participative et l'idéalisme associatif, Philippe Chanial dans La délicate essence du socialisme le met parfaitement en relief. Avec, pour unique credo, la passion de l'égalité, l'émancipation de l'individu, la réciprocité et l'échange. |
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