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La Déraison Sanitaire. Le Covid-19 Et Le Culte De La Vie Par-dessus Tout
Alexandra Laignel-Lavestine

Jamais l’humanité n’avait été mieux armée médicalement face à une épidémie ; jamais elle ne se sera montrée aussi désarmée moralement. Pourquoi ? Vu l’amplitude de la crise qui s’annonce, nous ferions bien de nous interroger car nos descendants nous demanderont des comptes.

L’argument sanitaire a prévalu d’emblée. Mais serions-nous vraiment prêts à assumer le risque, hautement déraisonnable d’un point de vue civilisationnel, d’une réduction de l’homme à la « vie nue » (Walter Benjamin) ? Vers quelle tyrannie de la santé peut bien nous mener « l’État care » fantasmé par nos politiques et depuis quand ces derniers se donnent-ils pour ambition messianique de sauver les vivants ?

« Nous sommes grandioses, nous avons choisi la vie ! ». Et si le Coronavirus venait au contraire nous rappeler une vérité capitale : la vie au sens du bios est l’alpha, pas l’oméga.

À ce propos, aurait-on omis de méditer cet autre paradoxe du printemps 2020 : le jour, on souscrivait massivement au principe selon lequel la vie serait la valeur suprême. Le soir, on applaudissait en cœur un corps médical qui, par son sacrifice et son dévouement, nous démontrait d’une certaine façon l’inverse. Qu’ont-ils gagné en retour ? Rien, hormis la confirmation de leur qualité d’homme. C’est-à-dire tout. Voilà ce que notre sensibilité post-tragique ne parvient plus à comprendre.

L’impératif « Sauvons des vies ! » nous aurait-il collectivement hébétés ?

 

 

Dans ces pages inquiètes et hérétiques à l’écriture étincelante, la philosophe, formée à l’école de la dissidence, revient sur la crise du coronavirus pour nous livrer une magistrale réflexion sur ce qu’être un homme Vivant veut dire.

 

ALEXANDRA LAIGNEL-LAVASTINE est docteur en philosophie, universitaire et essayiste. Longtemps critique au Monde des livres, elle continue de collaborer à divers médias.

On lui doit une douzaine d’ouvrages, la plupart traduits à l’étranger, dont, en 2015, La Pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme, essai sur les penchants suicidaires de l’Europe (Grasset) ou Pour quoi serions-nous encore prêts à mourir ? (Cerf, 2017).

Elle a reçu le Prix de l’Essai européen en 2005, le prix de la LICRA en 2015, la Ménorah d’or 2018 pour l’ensemble de son œuvre et, en 2019, le Prix Idée Les Influences 2019 pour Mon Après-guerre à Paris, en co-auteur avec Serge Moscovici (Grasset).

 

En librairie le 6 novembre 2020

format : 13x20
120 pages
ISBN : 9782356877458
Prix de vente public : 12.00€

13.20 € TTC
(port et emballage compris)