Ciné-Politique

Pratique Du Montage
Albert Jurgenson et Sophie Brunet

Sophie Brunet : Un des problèmes du montage est de trouver un rythme, ou plutôt : le rythme du film. On peut trouver un bon rythme, musical, mais qui ne soit pas celui du film.

Albert Jurgenson : Lorsque je commence à travailler sur un film, je monte le début des rushes sur un mauvais rythme, car je suis encore marqué par celui du film que je viens d’achever. Et cela quelle que soit la qualité des rushes que je découvre. Je dois me réadapter à la respiration du réalisateur, et aucun réalisateur n’a la même respiration. Cela se produit même si les deux films sont en plans-séquences, car pour moi tout se passe au changement de plan. Et il me faut un temps d’adaptation, même si j’ai déjà travaillé avec le metteur en scène, pour retrouver la respiration qui est la sienne. Je préfère parler de respiration plutôt que de rythme.

Sophie Brunet : Quelle différence faites-vous entre les deux ?

Albert Jurgenson : La respiration est une pulsion insufflée par le metteur en scène à tous ceux qui participent à la fabrication du film. Chaque comédien, par exemple, pourra conserver son rythme propre, mais adapté à la respiration du réalisateur. Je continue de parler de respiration au montage, car le film pourra être rapide ou lent, et même comporter des changements de rythme : dans tous les cas il faudra que je retrouve au montage la respiration que le metteur en scène a insufflée au tournage.

 

Pratique du montage suivi de Coeur de granit, par Sophie Brunet

 

format : 13x20
202 pages
ISBN : 978-2-35687-2999
Prix de vente public : 10.00€

11.00 € TTC
(port et emballage compris)